N°31

Novembre/Décembre 1997



RECHERCHES EN COURS


DISCIPLINES SCOLAIRES ET TRAITEMENT DE L'HETEROGENEITE

Pratiques enseignantes en technologie au collège.

Responsable de la recherche : Joël Lebeaume

Le projet de recherche du Groupe de Didactique des Sciences et Techniques de Cachan (GDSTC-LIREST) soumis au Comité national de coordination de la recherche en éducation (CNCRE) a été accepté pour 1997-1999.

Résumé du projet : Quelles sont les possibilités et les modalités des pratiques d'enseignement adaptées à la diversité des élèves et des contextes au collège ? Tel est le problème qu'il a été proposé d'étudier dans le cadre d'une discipline, la technologie.

En effet, la technologie est en cours de " re-configuration ", entraînant ses enseignants à recomposer leurs conceptions et leurs pratiques ; et sa nouvelle " figure " offre une palette très large d'activités possibles, prenant leur sens dans l'école et dans le monde économique. La complexité pédagogique et didactique de la technologie permet de " jouer " avec des tâches, des rôles, des exigences variées qui peuvent être ajustées à chaque élève dans des programmations individuelles ou collectives. Nous posons donc l'hypothèse que la mise en oeuvre de toutes les potentialités de la technologie permet d'adapter la gestion des activités et des apprentissages aux disponibilités des contextes et aux disparités des élèves. Et nous prenons la technologie comme modèle d'étude des pratiques enseignantes face à l'hétérogénéité au collège.

L'enquête projetée vise à déterminer les modalités de pratiques adaptées, actuelles et potentielles, en les reliant aux caractéristiques de la matrice curriculaire de la technologie qui permettent ou induisent ces adaptions. Nous posons en seconde hypothèse que de véritables adaptations supposent une conception distanciée et inventive de la discipline. Nous nous intéressons donc aux idées et aux actes de " praticiens-formateurs " (enseignants en classe et intervenant en IUFM ou MAFPEN), capables de conceptualiser et mettre en oeuvre leur projet.

L'enquête s'appuiera principalement sur l'analyse d'entretiens structurés avant et après enseignement et l'exploitation de " carnets de bords ", d'instruments et de traces des actions. Le but est de déterminer des grands types de modalités d'adaptation possibles, avec leurs appuis dans la discipline et le contexte, et leurs difficultés (problème de cohérence de la discipline, obstacles dus aux caractéristiques des publics, des établissements, des autres disciplines et acteurs).


PRATIQUE EXPERIMENTALE DANS L'ENSEIGNEMENT DE LA BIOLOGIE

Responsable de la recherche : Maryline Coquidé

En collaboration avec l'INRP, les recherches menées par l'équipe de l'IUFM de Rouen concernent la pratique expérimentale dans l'enseignement de la biologie, en particulier sa place dans une perspective de curriculum.

Trois grandes orientations de recherche ont été privilégiées :

. des comparaisons entre curriculums prescrits ; il s'agit d'identifier la place accordée à la pratique expérimentale et de faire émerger les idéologies sous-jacentes, à travers l'analyse d'instructions officielles, de programmes scolaires actuels et passés structurant divers niveaux d'enseignement de la maternelle à l'université ...

. des études de curriculum réel, en liaison avec le curriculum prescrit ; il s'agit d'objectiver la pratique expérimentale en classe à travers l'analyse de manuels scolaires, de cahiers de préparation au lycée, d'entretiens avec des enseignants, de questionnaires d'étudiants ...

. le développement et le renouvellement de curriculum ; il s'agit de proposer des démarches innovantes et de les tester dans des classes (terrarium à l'école primaire, transposition des expériences de Krebs au lycée ...).

Ce dernier axe de recherche aborde, en particulier, le problème de la constitution d'un référent empirique.


THESES

ETUDE ET ANALYSE DES STRATEGIES DE MOTIVATION DANS L'ENSEIGNEMENT ET LA VULGARISATION DE LA BIOLOGIE

Thèse de doctorat de didactique des sciences soutenue le 9 Septembre 1997 à Paris 7 par Faouzia KALALI sous la direction de Christian Souchon

 

Résumé :

Le terme de motivation est l'un des plus fréquemment utilisés en pédagogie, au point qu'il s'est banalisé et a même perdu de son sens. La motivation de l'élève est considérée comme une donnée personnelle qui relève de causes profondes d'ordre sociologique, psychologique, voire psychanalytique, agissant en dehors de la classe. L'acte de motiver, ou le rôle de l'enseignant, se borne le plus souvent à rechercher l'impact qui pourra pallier l'intérêt déficient. Alors qu'avec l'avènement du cognitivisme, de nouvelles orientations théoriques offrent des pistes pertinentes pour aborder l'analyse des situations d'apprentissage, en particulier la part souvent méconnue du cognitif dans l'expression de la motivation. Le but de ce travail est d'éclairer les choix des moyens de motivation et leurs liens avec les choix des contenus, ainsi que de montrer les éventuels impacts que cela pourrait avoir sur l'éducation formelle et informelle.

Une première partie de ce travail est consacrée à l'étude théorique de la motivation. Cette étude s'appuie sur une analyse plurielle qui correspond aux divers angles d'attaque psychologiques et pédagogiques de la motivation. Elle a montré que l'usage de la motivation se trouve au carrefour de catégories pédagogiques différentes comme celles de pédagogie d'intérêt, de pédagogie de projet, de pédagogie de maîtrise, etc.. Relative à la diversité du vocabulaire de la motivation, c'est également la diversité des conceptions qui ressort. Nous avons spécifié dans cette première partie la problématique de la motivation au cas de l'enseignement scientifique, et proposé d'articuler la motivation à trois composantes, cognitive, sociale et affective.

L'étude des conceptions des praticiens (auteurs de manuels scolaires, enseignants) relatives à la motivation qui a constitué la deuxième partie de ce travail est d'abord liée à une fonction de stimulation, laquelle favorise la composante sociale. Aussi bien les auteurs de manuels que les enseignants ont des conceptions où la motivation est ce qui pousse à l'action et ce qui pousse à la réussite ; La réussite est généralement considérée plus dans une perspective de soutien et de mise en confiance de l'élève. Les stratégies de motivation que ces auteurs et enseignants privilégieraient seraient alors de type stimulation alors même qu'ils placent à la source des problèmes de démotivation des élèves le manque de maîtrise des apprentissages. Il y a donc un écart entre les stratégies de motivation utilisées et les problèmes de motivation diagnostiqués. Cet écart met en évidence le manque de contrôle des praticiens sur la donnée de motivation. La fonction de motivation sollicitée, la stimulation, agit dans l'immédiat et n'exige pas une programmation et une planification, plus coûteuses et difficiles.

La troisième partie permet de confirmer la dominance de la fonction de stimulation. Le repérage des stratégies de motivation effectivement utilisées dans deux corpus de vingt manuels scolaires et d'articles de biologie d'une cinquantaine de numéros de la revue de vulgarisation Science et Vie junior, montre le grand nombre de stratégies de stimulation : stratégie de motivation-décoration, stratégie de motivation-problématisation, stratégie de motivation-scénario, stratégie de motivation-personnalisation des connaissances. Les procédés qui les fondent sont l'image, la mise en page, la bande dessinée, les jeux des couleurs et de mots. Ce sont des procédés plus propices à une revue de vulgarisation où il s'agit de créer un impact puisqu'il ne peut être question d'un suivi et d'un contrôle de la réception du message par le lecteur. L'enseignement requiert un contrôle de l'efficacité pédagogique de l'apprentissage qui se situe plutôt dans le moyen et le long terme : de tels procédés montrent leurs limites et se révèlent inappropriés.

La quatrième partie de ce travail est consacrée à l'analyse de certaines progressions d'enseignement et de vulgarisation. La trame conceptuelle généralement réservée à l'analyse de la matière a été adoptée pour avoir un regard sur la place de la motivation au sein des formulations en rapport avec les concepts de reproduction de la fougère et de transfusion sanguine. Il est possible d'analyser la matière en regard avec la question de la motivation. Les stratégies de motivation sont situées au début ou à la fin des progressions sans liens avec les phases successives de formulation des concepts.

Nous proposons au terme de ce travail une modalité de planification et de programmation de la motivation. La motivation est transformée en objectifs rendus opérationnels au sein de la conduite de l'enseignement. Elle intervient également, au sein des trames conceptuelles, comme un ensemble de niveaux accompagnateurs des séries de formulation des concepts. Il s'agit de définir les fonctions de motivation requises aux différents niveaux d'explication. Par cette planification, nous permettons la construction de la motivation, ce qui permet de dépasser la seule fonction de stimulation généralement sollicitée. Car le problème final de la motivation est plus un problème de manque de maîtrise que de manque d'accroche.


ESSAI DE FORMATION PROFESSIONNELLE DES PROFESSEURS DE SCIENCES PHYSIQUES PORTANT SUR LES INTERACTIONS EN CLASSE

Thèse de doctorat de didactique des sciences soutenue le 15 Décembre 1997 à l'université Paris 7

par Ludovic MORGE sous la direction de Claudine Larcher

 

Résumé :

Les théories actuelles préconisent un apprentissage socio-constructiviste, un certain relativisme épistémologique et définissent le cadre dans lequel peut s'inscrire un rôle de médiateur pour l'enseignant de Sciences Physiques. Mais les pratiques d'enseignement sont encore majoritairement expositives et dogmatiques et s'appuient sur une conception réaliste des savoirs scientifiques. Cette recherche s'est donc donnée pour but de mettre en place une formation d'enseignants visant d'une part, la mise en oeuvre d'interactions de type " guidage dans la construction de savoirs " et d'autre part, l'appropriation de considérations d'ordre épistémologique et didactique. Préalablement à la mise en oeuvre du dispositif de formation, une observation de pratiques d'enseignants permet d'élaborer des descripteurs d'interactions socio-constructivistes. Ces descripteurs sont utilisés pour élaborer des grilles d'anticipation et d'analyse de la séance centrées sur les interactions.

L'élaboration, l'analyse de séances d'enseignement, l'explicitation des cohérences entre pratiques interactives et options didactiques et épistémologiques constituent les moyens utilisés pour que les enseignants donnent du sens aux conceptions didactiques et épistémologiques et tendent vers une compatibilité entre théorie et pratique.

Un essai de la formation envisagée est mené avec deux enseignantes. Il s'agit d'une étude de cas. Différents décalages sont successivement introduits dans la formation en fonction de ce que les enseignantes sont capables de produire et de gérer.

L'analyse des données recueillies au cours de la formation permet de suivre l'évolution des pratiques interactives des enseignantes et de repérer les difficultés qu'elles ont rencontrées pour changer de pratique. L'analyse de la dernière séance menée par l'une des deux enseignantes montre qu'elle s'est appropriée les considérations didactiques et épistémologiques discutées au cours de la formation pour les réinvestir dans la pratique.


HABILITATIONS

Hélène GISPERT a soutenu son habilitation à diriger des recherches le 12 Décembre 1997 au Centre Universitaire d'Orsay (Paris Sud) :

Production et circulation de savoirs scientifiques en France et en Europe au XIX ème siècle, éléments d'un panorama historiographique.

Jury : Jean-Pierre Bourguignon, Paul Brouzeng, Pierre Caspard, Amy Dahan, Jean Dhombres, Giorgio Israel, Dominique Pestre.

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Daniel RAICHVARG a soutenu son habilitation à diriger des recherches le 12 Décembre 1997 au Centre Universitaire d'Orsay (Paris Sud) :

La vulgarisation des sciences en sa poétique : traduction ou création réception ou interpellation.

Jury : Paul Brouzeng, Paul Caro, Gérard Fourez, André Giordan (rapporteur), Yves Jeanneret (rapporteur), Jean-Louis Martinand.


SEMINAIRES

SEMINAIRE DE DIDACTIQUE DES DISCIPLINES TECHNOLOGIQUES

La construction des faits en didactique des disciplines technologiques

Pour sa septième année, le séminaire de didactique des disciplines technologiques examine, dans ses dimensions théoriques et méthodologiques, la question de la construction des faits dans l'élaboration de connaissances par la recherche. En effet, le développement de la didactique des disciplines technologiques et plus généralement de la recherche en didactique imposent une réflexion approfondie sur la nature, la signification, la production et la validation des faits.

Dans la première partie, les présentations mettent l'accent sur les processus par lesquels, dans les recherches en didactique des disciplines technologiques, les faits sont convoqués, saisis, élaborés, validés, contrôlés. Elles expliciteront les relations et la cohérence entre les éléments de la problématique, les outils, les méthodologies, les cadres interprétatifs et les caractéristiques des objets étudiés.

La deuxième partie est consacrée à préciser dans une perspective comparée la question de la construction des faits dans d'autres disciplines (didactique des mathématiques, psychologie, technologie). Dans ces présentations seront abordées les questions épistémologiques relatives à la construction des faits et aux relations qu'ils entretiennent avec les phénoménographies, l'expérimentation, les instruments et les théories du domaine.

Quatre séances se sont déroulées au quatrième trimestre 1997 (voir La Lettre n° 30, page 2), sept séances se dérouleront jusqu'à la fin de l'année universitaire 1997-1998 :

. 15 janvier : M. Coquidé, la production des faits en didactique de la biologie

. 29 janvier : G. Cazenave, le projet technique dans le premier cycle de l'enseignement du second degré.

. 05 février : présentation critique d'ouvrages

. 05 mars : A. Weil-Barais, la production de faits en psychologie

. 02 avril : C. Margolinas, la production de faits en didactique des mathématiques

. 30 avril : J. Perrin, la production de faits en technologie.

. 14 mai : P. Vérillon, J. Lebeaume, A. Durey : synthèse

 

Le séminaire a lieu à l'Ecole normale supérieure de Cachan, bâtiment Cournot, 2ème étage, les jeudi de 14 à 16 heures 30.


PUBLICATIONS

Des mécanismes psychologiques de la découverte en biologie, questions à la neurobiologie et à la biologie par Daniel Raichvarg, in Psychologie Clinique. 3, 157-160

 

OUVRAGES SCOLAIRES

Les premiers fascicules de la collection " Porte ouverte - science et technique " (Hachette) niveau CE1 et CE2 (école élémentaire) sont sortis (coordinateurs : J. Deunff et J.L. Martinand). Les autres fascicules (CM1 et CM2) vont suivre.

 

La physique pour les sciences du sport, par Alain Durey, Masson, Paris, 1997.

 

L'expérimentation scientifique - Décoder le réel par Daniel Raichvarg, in : Textes et Documents pour la Classe, 741


INTERVENTIONS

Jean-Louis Martinand a présenté un exposé sur les missions, la structure et la pédagogie de la technologie au collège au Colloque " Défendre et transformer l'école pour tous " qui s'est tenu à Marseille les 3 et 4 octobre 1997.

 

Daniel Raichvarg

a effectué une mission à Mérida et Caracas (Vénézuéla) du 22 octobre au 1er Novembre 1997, comprenant des conférences à l'Université des Andes et au Museo de Ciencia y Tecnologia puis, avec André Giordan, professeur à l'Université de Genève, organisation des Journées La educacion cientifica a travers des Ambiente (conférences et ateliers).

a fait une conférence " Que peut-on connaître de la science ? " dans le cadre de CitéPhilo, Lille, 19 Novembre 1997.

a fait une conférence " Vulgarisation, peut-on mieux faire ? " dans le cadre de Doc forum, à Lyon, le 22 Novembre 1997.