|
RECHERCHES EN
COURS
DISCIPLINES SCOLAIRES ET TRAITEMENT DE L'HETEROGENEITE
Pratiques enseignantes en technologie au
collège.
Responsable de la recherche : Joël Lebeaume
Le projet de recherche du Groupe de Didactique des
Sciences et Techniques de Cachan (GDSTC-LIREST) soumis au
Comité national de coordination de la recherche en
éducation (CNCRE) a été accepté
pour 1997-1999.
Résumé du projet : Quelles sont les
possibilités et les modalités des pratiques
d'enseignement adaptées à la diversité
des élèves et des contextes au collège
? Tel est le problème qu'il a été
proposé d'étudier dans le cadre d'une
discipline, la technologie.
En effet, la technologie est en cours de "
re-configuration ", entraînant ses enseignants
à recomposer leurs conceptions et leurs pratiques ;
et sa nouvelle " figure " offre une palette très
large d'activités possibles, prenant leur sens dans
l'école et dans le monde économique. La
complexité pédagogique et didactique de la
technologie permet de " jouer " avec des tâches, des
rôles, des exigences variées qui peuvent
être ajustées à chaque
élève dans des programmations individuelles ou
collectives. Nous posons donc l'hypothèse que la mise
en oeuvre de toutes les potentialités de la
technologie permet d'adapter la gestion des activités
et des apprentissages aux disponibilités des
contextes et aux disparités des élèves.
Et nous prenons la technologie comme modèle
d'étude des pratiques enseignantes face à
l'hétérogénéité au
collège.
L'enquête projetée vise à
déterminer les modalités de pratiques
adaptées, actuelles et potentielles, en les reliant
aux caractéristiques de la matrice curriculaire de la
technologie qui permettent ou induisent ces adaptions. Nous
posons en seconde hypothèse que de véritables
adaptations supposent une conception distanciée et
inventive de la discipline. Nous nous intéressons
donc aux idées et aux actes de "
praticiens-formateurs " (enseignants en classe et
intervenant en IUFM ou MAFPEN), capables de conceptualiser
et mettre en oeuvre leur projet.
L'enquête s'appuiera principalement sur l'analyse
d'entretiens structurés avant et après
enseignement et l'exploitation de " carnets de bords ",
d'instruments et de traces des actions. Le but est de
déterminer des grands types de modalités
d'adaptation possibles, avec leurs appuis dans la discipline
et le contexte, et leurs difficultés (problème
de cohérence de la discipline, obstacles dus aux
caractéristiques des publics, des
établissements, des autres disciplines et acteurs).
PRATIQUE EXPERIMENTALE DANS L'ENSEIGNEMENT DE LA BIOLOGIE
Responsable de la recherche : Maryline
Coquidé
En collaboration avec l'INRP, les recherches
menées par l'équipe de l'IUFM de Rouen
concernent la pratique expérimentale dans
l'enseignement de la biologie, en particulier sa place dans
une perspective de curriculum.
Trois grandes orientations de recherche ont
été privilégiées :
. des comparaisons entre curriculums prescrits ; il
s'agit d'identifier la place accordée à la
pratique expérimentale et de faire émerger les
idéologies sous-jacentes, à travers l'analyse
d'instructions officielles, de programmes scolaires actuels
et passés structurant divers niveaux d'enseignement
de la maternelle à l'université ...
. des études de curriculum réel, en liaison
avec le curriculum prescrit ; il s'agit d'objectiver la
pratique expérimentale en classe à travers
l'analyse de manuels scolaires, de cahiers de
préparation au lycée, d'entretiens avec des
enseignants, de questionnaires d'étudiants ...
. le développement et le renouvellement de
curriculum ; il s'agit de proposer des démarches
innovantes et de les tester dans des classes (terrarium
à l'école primaire, transposition des
expériences de Krebs au lycée ...).
Ce dernier axe de recherche aborde, en particulier, le
problème de la constitution d'un
référent empirique.
THESES
ETUDE ET ANALYSE DES STRATEGIES DE MOTIVATION DANS
L'ENSEIGNEMENT ET LA VULGARISATION DE LA BIOLOGIE
Thèse de doctorat de didactique des sciences
soutenue le 9 Septembre 1997 à Paris 7 par Faouzia KALALI sous la direction de
Christian Souchon
Résumé :
Le terme de motivation est l'un des plus
fréquemment utilisés en pédagogie, au
point qu'il s'est banalisé et a même perdu de
son sens. La motivation de l'élève est
considérée comme une donnée personnelle
qui relève de causes profondes d'ordre sociologique,
psychologique, voire psychanalytique, agissant en dehors de
la classe. L'acte de motiver, ou le rôle de
l'enseignant, se borne le plus souvent à rechercher
l'impact qui pourra pallier l'intérêt
déficient. Alors qu'avec l'avènement du
cognitivisme, de nouvelles orientations théoriques
offrent des pistes pertinentes pour aborder l'analyse des
situations d'apprentissage, en particulier la part souvent
méconnue du cognitif dans l'expression de la
motivation. Le but de ce travail est d'éclairer les
choix des moyens de motivation et leurs liens avec les choix
des contenus, ainsi que de montrer les éventuels
impacts que cela pourrait avoir sur l'éducation
formelle et informelle.
Une première partie de ce travail est
consacrée à l'étude théorique de
la motivation. Cette étude s'appuie sur une analyse
plurielle qui correspond aux divers angles d'attaque
psychologiques et pédagogiques de la motivation. Elle
a montré que l'usage de la motivation se trouve au
carrefour de catégories pédagogiques
différentes comme celles de pédagogie
d'intérêt, de pédagogie de projet, de
pédagogie de maîtrise, etc.. Relative à
la diversité du vocabulaire de la motivation, c'est
également la diversité des conceptions qui
ressort. Nous avons spécifié dans cette
première partie la problématique de la
motivation au cas de l'enseignement scientifique, et
proposé d'articuler la motivation à trois
composantes, cognitive, sociale et affective.
L'étude des conceptions des praticiens (auteurs de
manuels scolaires, enseignants) relatives à la
motivation qui a constitué la deuxième partie
de ce travail est d'abord liée à une fonction
de stimulation, laquelle favorise la composante sociale.
Aussi bien les auteurs de manuels que les enseignants ont
des conceptions où la motivation est ce qui pousse
à l'action et ce qui pousse à la
réussite ; La réussite est
généralement considérée plus
dans une perspective de soutien et de mise en confiance de
l'élève. Les stratégies de motivation
que ces auteurs et enseignants privilégieraient
seraient alors de type stimulation alors même qu'ils
placent à la source des problèmes de
démotivation des élèves le manque de
maîtrise des apprentissages. Il y a donc un
écart entre les stratégies de motivation
utilisées et les problèmes de motivation
diagnostiqués. Cet écart met en
évidence le manque de contrôle des praticiens
sur la donnée de motivation. La fonction de
motivation sollicitée, la stimulation, agit dans
l'immédiat et n'exige pas une programmation et une
planification, plus coûteuses et difficiles.
La troisième partie permet de confirmer la
dominance de la fonction de stimulation. Le repérage
des stratégies de motivation effectivement
utilisées dans deux corpus de vingt manuels scolaires
et d'articles de biologie d'une cinquantaine de
numéros de la revue de vulgarisation Science et Vie
junior, montre le grand nombre de stratégies de
stimulation : stratégie de
motivation-décoration, stratégie de
motivation-problématisation, stratégie de
motivation-scénario, stratégie de
motivation-personnalisation des connaissances. Les
procédés qui les fondent sont l'image, la mise
en page, la bande dessinée, les jeux des couleurs et
de mots. Ce sont des procédés plus propices
à une revue de vulgarisation où il s'agit de
créer un impact puisqu'il ne peut être question
d'un suivi et d'un contrôle de la réception du
message par le lecteur. L'enseignement requiert un
contrôle de l'efficacité pédagogique de
l'apprentissage qui se situe plutôt dans le moyen et
le long terme : de tels procédés montrent
leurs limites et se révèlent
inappropriés.
La quatrième partie de ce travail est
consacrée à l'analyse de certaines
progressions d'enseignement et de vulgarisation. La trame
conceptuelle généralement
réservée à l'analyse de la
matière a été adoptée pour avoir
un regard sur la place de la motivation au sein des
formulations en rapport avec les concepts de reproduction de
la fougère et de transfusion sanguine. Il est
possible d'analyser la matière en regard avec la
question de la motivation. Les stratégies de
motivation sont situées au début ou à
la fin des progressions sans liens avec les phases
successives de formulation des concepts.
Nous proposons au terme de ce travail une modalité
de planification et de programmation de la motivation. La
motivation est transformée en objectifs rendus
opérationnels au sein de la conduite de
l'enseignement. Elle intervient également, au sein
des trames conceptuelles, comme un ensemble de niveaux
accompagnateurs des séries de formulation des
concepts. Il s'agit de définir les fonctions de
motivation requises aux différents niveaux
d'explication. Par cette planification, nous permettons la
construction de la motivation, ce qui permet de
dépasser la seule fonction de stimulation
généralement sollicitée. Car le
problème final de la motivation est plus un
problème de manque de maîtrise que de manque
d'accroche.
ESSAI DE FORMATION PROFESSIONNELLE DES PROFESSEURS DE
SCIENCES PHYSIQUES PORTANT SUR LES INTERACTIONS EN CLASSE
Thèse de doctorat de didactique des sciences
soutenue le 15 Décembre 1997 à
l'université Paris 7
par Ludovic MORGE sous la
direction de Claudine Larcher
Résumé :
Les théories actuelles préconisent un
apprentissage socio-constructiviste, un certain relativisme
épistémologique et définissent le cadre
dans lequel peut s'inscrire un rôle de
médiateur pour l'enseignant de Sciences Physiques.
Mais les pratiques d'enseignement sont encore
majoritairement expositives et dogmatiques et s'appuient sur
une conception réaliste des savoirs scientifiques.
Cette recherche s'est donc donnée pour but de mettre
en place une formation d'enseignants visant d'une part, la
mise en oeuvre d'interactions de type " guidage dans la
construction de savoirs " et d'autre part, l'appropriation
de considérations d'ordre
épistémologique et didactique.
Préalablement à la mise en oeuvre du
dispositif de formation, une observation de pratiques
d'enseignants permet d'élaborer des descripteurs
d'interactions socio-constructivistes. Ces descripteurs sont
utilisés pour élaborer des grilles
d'anticipation et d'analyse de la séance
centrées sur les interactions.
L'élaboration, l'analyse de séances
d'enseignement, l'explicitation des cohérences entre
pratiques interactives et options didactiques et
épistémologiques constituent les moyens
utilisés pour que les enseignants donnent du sens aux
conceptions didactiques et épistémologiques et
tendent vers une compatibilité entre théorie
et pratique.
Un essai de la formation envisagée est mené
avec deux enseignantes. Il s'agit d'une étude de cas.
Différents décalages sont successivement
introduits dans la formation en fonction de ce que les
enseignantes sont capables de produire et de gérer.
L'analyse des données recueillies au cours de la
formation permet de suivre l'évolution des pratiques
interactives des enseignantes et de repérer les
difficultés qu'elles ont rencontrées pour
changer de pratique. L'analyse de la dernière
séance menée par l'une des deux enseignantes
montre qu'elle s'est appropriée les
considérations didactiques et
épistémologiques discutées au cours de
la formation pour les réinvestir dans la pratique.
HABILITATIONS
Hélène GISPERT a soutenu son
habilitation à diriger des recherches le 12
Décembre 1997 au Centre Universitaire d'Orsay (Paris
Sud) :
Production et circulation de savoirs scientifiques en
France et en Europe au XIX ème siècle,
éléments d'un panorama historiographique.
Jury : Jean-Pierre Bourguignon, Paul Brouzeng, Pierre
Caspard, Amy Dahan, Jean Dhombres, Giorgio Israel, Dominique
Pestre.
__________
Daniel RAICHVARG a soutenu son habilitation
à diriger des recherches le 12 Décembre 1997
au Centre Universitaire d'Orsay (Paris Sud) :
La vulgarisation des sciences en sa poétique :
traduction ou création réception ou
interpellation.
Jury : Paul Brouzeng, Paul Caro, Gérard Fourez,
André Giordan (rapporteur), Yves Jeanneret
(rapporteur), Jean-Louis Martinand.
SEMINAIRES
SEMINAIRE DE DIDACTIQUE DES DISCIPLINES
TECHNOLOGIQUES
La construction des faits en didactique des
disciplines technologiques
Pour sa septième année, le séminaire
de didactique des disciplines technologiques examine, dans
ses dimensions théoriques et méthodologiques,
la question de la construction des faits dans
l'élaboration de connaissances par la recherche. En
effet, le développement de la didactique des
disciplines technologiques et plus
généralement de la recherche en didactique
imposent une réflexion approfondie sur la nature, la
signification, la production et la validation des faits.
Dans la première partie, les présentations
mettent l'accent sur les processus par lesquels, dans les
recherches en didactique des disciplines technologiques, les
faits sont convoqués, saisis, élaborés,
validés, contrôlés. Elles expliciteront
les relations et la cohérence entre les
éléments de la problématique, les
outils, les méthodologies, les cadres
interprétatifs et les caractéristiques des
objets étudiés.
La deuxième partie est consacrée à
préciser dans une perspective comparée la
question de la construction des faits dans d'autres
disciplines (didactique des mathématiques,
psychologie, technologie). Dans ces présentations
seront abordées les questions
épistémologiques relatives à la
construction des faits et aux relations qu'ils entretiennent
avec les phénoménographies,
l'expérimentation, les instruments et les
théories du domaine.
Quatre séances se sont déroulées au
quatrième trimestre 1997 (voir La Lettre n° 30,
page 2), sept séances se dérouleront
jusqu'à la fin de l'année universitaire
1997-1998 :
. 15 janvier : M. Coquidé, la production des faits
en didactique de la biologie
. 29 janvier : G. Cazenave, le projet technique dans le
premier cycle de l'enseignement du second degré.
. 05 février : présentation critique
d'ouvrages
. 05 mars : A. Weil-Barais, la production de faits en
psychologie
. 02 avril : C. Margolinas, la production de faits en
didactique des mathématiques
. 30 avril : J. Perrin, la production de faits en
technologie.
. 14 mai : P. Vérillon, J. Lebeaume, A. Durey :
synthèse
Le séminaire a lieu à l'Ecole normale
supérieure de Cachan, bâtiment Cournot,
2ème étage, les jeudi de 14 à 16 heures
30.
PUBLICATIONS
Des mécanismes psychologiques de la
découverte en biologie, questions à la
neurobiologie et à la biologie par Daniel Raichvarg,
in Psychologie Clinique. 3, 157-160
OUVRAGES SCOLAIRES
Les premiers fascicules de la collection " Porte ouverte
- science et technique " (Hachette) niveau CE1 et CE2
(école élémentaire) sont sortis
(coordinateurs : J. Deunff et J.L. Martinand). Les autres
fascicules (CM1 et CM2) vont suivre.
La physique pour les sciences du sport, par Alain
Durey, Masson, Paris, 1997.
L'expérimentation scientifique - Décoder le
réel par Daniel Raichvarg, in : Textes et Documents
pour la Classe, 741
INTERVENTIONS
Jean-Louis Martinand a présenté un
exposé sur les missions, la structure et la
pédagogie de la technologie au collège au
Colloque " Défendre et transformer l'école
pour tous " qui s'est tenu à Marseille les 3 et 4
octobre 1997.
Daniel Raichvarg
a effectué une mission à Mérida et
Caracas (Vénézuéla) du 22 octobre au
1er Novembre 1997, comprenant des conférences
à l'Université des Andes et au Museo de
Ciencia y Tecnologia puis, avec André Giordan,
professeur à l'Université de Genève,
organisation des Journées La educacion cientifica a
travers des Ambiente (conférences et ateliers).
a fait une conférence " Que peut-on
connaître de la science ? " dans le cadre de
CitéPhilo, Lille, 19 Novembre 1997.
a fait une conférence " Vulgarisation, peut-on
mieux faire ? " dans le cadre de Doc forum, à Lyon,
le 22 Novembre 1997.
|