DEA 1998-1999
MEMOIRES
TUTORES
Dans le cadre de leur DEA, les
étudiants effectuent un mémoire de stage
tutoré. La Lettre publie ci-dessous les
résumés d'une sélection de ces
mémoires. Rappelons que tous peuvent être
consultés au LIREST, à l'ENS-Cachan (pour les
mémoires 1997-98, voir La lettre n° 34, mai
/juin 199.
L'enseignement technique
dans le Dictionnaire de pédagogie de Ferdinand
Buisson
Par
Martine Paindorge
Tuteur : Vincent Troger
Quelles
sont les relations de l'enseignement technique avec
l'industrie, avec l'enseignement primaire, avec
l'enseignement primaire supérieur ? Quelle est la
place de l'enseignement professionnel dans l'instruction
féminine ?
Ces
questions sont étudiées au travers des deux
éditions (1887 et 1911) du Dictionnaire de
pédagogie. Le mémoire contribue à la
recherche menée par l'IUFM de Versailles " Histoire
de l'enseignement, enjeux sociaux et
épistémologiques ".
Une
lecture exhaustive des tomes permet de repérer les
entrées relatives à l'enseignement technique.
Puis l'étude de la variance conduit à
l'établissement d'une liste d'articles
diffusés dans les deux parutions, rendant possible la
comparaison de certains textes, choisis en fonction des
questions de recherche.
L'analyse
montre qu'à la fin du siècle dernier les liens
entre l'enseignement technique et l'industrie sont
importants, dans la création des
établissements comme dans leur gestion. Les
programmes d'enseignement, même s'ils comportent une
base commune, sont établis pour tenir compte des
besoins locaux des entreprises.
Cette
relation forte avec l'entreprise se retrouve pour
l'enseignement professionnel des filles, limité
à celui des Ecoles Professionnelles de Commerce et
d'Industrie (EPCI) ainsi qu'à celui de certains
organismes privés. Il faut appréhender cette
situation dans un contexte d'instruction féminine en
pleine organisation.
Quant aux
relations avec le primaire et le primaire supérieur,
c'est plutôt d'une différence de
finalités qu'il s'agit : vocation d'instruction
générale pour l'enseignement primaire qui
continue dans les Ecoles Primaires Supérieures alors
que les EPCI offrent une formation professionnelle
directement utilisable.
Objectivation des
difficultés et des facilitations liées
à l'utilisation d'une machine dans une tâche de
problématisation durant une séance de travaux
pratiques
Par
Nathalie Devèze
Tuteur : Yves
Cartonnet
Depuis la
réforme des Classes Préparatoires aux Grandes
Ecoles de 1995, des options spécifiques aux Sciences
de l'Ingénieur ont été introduites dans
les différentes sections. Cet enseignement est en
grande partie effectué en Travaux Pratiques, les
élèves travaillant en petits groupes sur des
machines instrumentées. L'enseignant doit alors
porter une attention toute particulière aux
éventuelles difficultés rencontrées par
les élèves lors de la manipulation du
système technique.
Pierre
Rabardel a développé le modèle S.A.I.
(Modèle des Situations d'Activités
Instrumentées) qui permet de décrire ces
phases de travail avec instrument. Il a aussi mis en
évidence les notions d'instrumentation et de
médiation épistémique et pragmatique
qui ont permis d'objectiver les problèmes
manipulatoires rencontrés par les
élèves.
Une
étude de cas a été effectuée
dans une classe de PCSI de la région parisienne, 7
binômes étant observés. Ils ont
travaillé sur une tâche de
problématisation consistant à régler
une machine pour obtenir une performance
spécifiée.
La
facilitation apportée par l'utilisation du
système durant la phase de médiation
épistémique aurait du permettre aux
élèves d'obtenir des informations essentielles
concernant la conclusion attendue. Cependant, les
étudiants sont restés à un stade de
médiation épistémique dite " sensible "
et n'ont donc pas réussi à établir de
médiation épistémique " objective ". En
effet, l'observation des essais n'a pas été
suivie d'une période de réflexion et n'a pas
abouti à une synthèse de ceux-ci.. Les
difficultés rencontrées lors de cette phase
peuvent être expliquées par une instrumentation
très lourde qui a accaparé leur attention et
ne leur a donc pas permis de prendre un recul
suffisant.
De plus,
ils ont aussi des problèmes lors de l'utilisation du
matériel. En effet, des difficultés se sont
présentées lors de deux phases de
médiation pragmatique. Elles avaient probablement
pour cause une méconnaissance, pour l'une d'entre
elles, d'un concept fondamental de la mécanique et
pour l'autre, du mode de commande impulsionnel.
Objectivation des relations
entre élèves lors de tâches de
problématisation d'un problème technique sur
machine, à résoudre
collectivement
Par
Rémy BRASSET
Tuteur : Yves
Cartonnet
Depuis la
réforme des Classes Préparatoires aux Grandes
Ecoles de 1995, des options spécifiques aux Sciences
de l'Ingénieur ont été introduites dans
les différentes sections. Cet enseignement est en
grande partie effectué en Travaux Pratiques, la
classe est alors divisée en petits groupes entre
lesquels l'enseignant doit partager son temps
d'intervention. Cette structure doit favoriser le
développement d'un travail et d'apprentissages
collectifs, non plus à partir de
représentations communicables mais par
l'intermédiaire d'un système technique.
La
théorie de l'activité développée
par Kuuti pose des questions sur la planification et la
distribution du travail. Le concept de tutelle
proposé par Bruner permet de décrire les
éventuels enseignements entre
élèves.
Une
étude de cas a été effectuée
dans une classe de PCSI de la région parisienne, 7
binômes étant observés. Ils ont
été filmés au cours d'une tâche
de problématisation consistant à régler
une machine pour atteindre une performance
spécifiée.
Cette
problématisation aurait du conduire les
élèves à une étude de
faisabilité des méthodes de résolution
possibles. Cette étude n'a été
réalisée par aucuns des groupes
observés. Cinq binômes ont utilisé la
machine pour expérimenter des configurations de
réglages. Un seul a suivi une démarche
expérimentale, les autres ayant procédé
par tâtonnement. Les élèves ne sont pas
distribués le travail à priori mais se sont
adaptés aux postes de travail disponibles sur le
système. C'est donc la machine qui a réparti
le travail entre les étudiants. Les enseignements
réciproques observés ont été
pratiqués sur un mode de tutelle avec aide de
substitution et n'ont porté que sur des
problèmes de manipulation du système.
Ces
résultats peuvent être expliqués par
l'inexpérience des élèves tant du point
de vue de la tâche qui leur a été
confiée que vis à vis de la maîtrise de
la machine.
La place des
activités pratiques dans l'enseignement de la
biologie au lycée
Par
Iman LIKA
Tuteur : Marilyn
Coquidé
A la
suite de tous les changements qu'a connu l'enseignement de
la biologie au cours des dernières années, on
constate que l'expérimental et les activités
pratiques se veulent au centre de l'enseignement.
Les
activités pratiques permettent principalement
l'acquisition de savoirs et de savoir-faire. Elles
contribuent à la constitution d'un
référent empirique et à l'apprentissage
de compétences. Elles permettent d'acquérir un
esprit critique, ainsi que la démarche
expérimentale.
L'autonomie des
élèves lors des activités pratiques est
relative, elle est liée à plusieurs facteurs:
les moyens du laboratoire, les programmes, les objectifs,
etc..
L'apport
des nouvelles technologies est très positif. Elles
dégagent du temps pour le travail de la conception de
l'analyse expérimentale, et les élèves
apprennent de façon active des savoir-faire
méthodologiques et techniques. Mais, il y a des fois
où on n'obtient pas les résultats attendus. On
est donc confrontés à la résistance du
réel. En fait, il y a non seulement résistance
du vivant, mais aussi du technique. Pour gérer ces
incidents critiques, les enseignants adoptent tous la
même attitude qui est celle d'avoir des inscriptions
prêtes à donner aux élèves pour
ne pas rater complètement la séance. Ces
incidents sont très intéressants et
très formateurs pour les élèves. Ils
leur permettent d'acquérir un esprit critique.
L'apport
des activités pratiques aurait été
beaucoup plus important, s'il n'y avait pas un certain
nombre de contraintes qui font que tout ne se passe pas
comme on l'aurait souhaité. L'enseignant dans sa
pratique se trouve confronté à un certain
nombre de contraintes. C'est le cas du matériel avec
tous les problèmes liés à cet aspect
(absence de maintenance, matériel inexistant ou en
nombre réduit, absence d'aide technique...) ; il y a
aussi le temps (l'activité pratique doit en
général tenir dans un laps de temps d'une
heure et demie, ce que la majorité des enseignants
considère comme insuffisant), mais, il y a aussi
d'autres contraintes: les programmes, l'éducation
à la sécurité des élèves,
l'effectif, etc.
Saut en hauteur en fosbury
et aptitudes : Etude de corrélations sur des enfants
de 13 à 14 ans
Par
Guillaume LAFAYE
Tuteur : Alain
Durey
L'étude part de deux
constats :
- d'une
part, l'analyse des meilleurs sauteurs français voire
mondiaux montre une prédominance du rôle de la
taille ainsi que de l'indice skellique (rapport
jambe/taille) pour cette catégorie d'athlète.
Cela laisse à penser qu'il s'agit de facteurs de
performances.
- d'autre
part, nous avons constaté le soucis permanent des
enseignants d'EPS de minorer la performance en fosbury par
des données subjectives comme la taille ou la taille
des jambes.
L'étude a donc pour
objet d'étudier les corrélations existant
entre différents facteurs morphologiques (taille et
indice skellique), physique (détente appel un pied)
et les compétences développées en
fosbury (habileté motrice et performance) sur une
population d'élèves de 13 à 14
ans.
On a pu
mettre en évidence, d'abord, la distribution
gaussienne de la totalité des facteurs pour
l'ensemble de la pomulation. La courbe des distributions est
unimodale sauf en ce qui concerne l'indice skellique,
à caractère trimodal. Ceci s'explique par les
différences de maturité physique liées
à la croissance pubertaire. Enfin, on constate une
homogénéité et une centration autour de
la moyenne pour le niveau d'habileté,
phénomène normal en début de cycle
d'apprentissage.
L'étude de
corrélation montre différents
phénomènes :
- la
détente appel un pied est le facteur le plus
explicatif quant à la performance ;
- la taille n'influe pas la détente mais elle est le
facteur morphologique le plus explicatif de la performance
;
- l'indice skellique n'a aucune incidence sur la
performance, et au contraire semble être un handicap
quant à l'habileté motrice. ceci s'explique
par l'échantillonnage particulier de la tranche
d'âge ;
On note
enfin des différences liées au sexe dans ces
corrélations, ce qui a permis d'établir deux
équations de régression distinctes :
- pour
les filles : y = 0.808 X + 0.829 pour R2 = 0.51
avec
y= performance et X = détente.
-
pour les garçons : y = 0.628 U + 0.539 X +
0.047
avec
U = détente et X= taille
Enfin,
une équation mixte, générale et plus
fiable pour les performances extrêmes peut permettre
notamment la prédiction en milieu
fédéral (erreur-type= 7cm) :
Y =
-0.697 a + 0.861 b+ 0.414 c + 0.193
avec
:
a =
taille,
b =
hauteur maximale touchée avec une main
c =
habileté (noté de - 0.3 à + 0.3)
La formation à
l'évaluation à l'IUFM de
Créteil
Par
Thierry CHOFFIN
Tuteur : Bernard
David
Ce
travail s'inscrit dans le cadre d'un processus de recherche
mené par l'INRP sur l'évaluation en Education
Physique et Sportive, recherche intitulée
"Contribution à la formation des professeurs
stagiaires d'Education Physique et Sportive dans le domaine
de l'évaluation et de la notation".
Ce qui
est visé à travers la recherche est l'analyse
descriptive et compréhensive des systèmes de
formation à l'évaluation afin de cerner ce qui
fait blocage ou ce qui fait émerger la
compétence en terme d'évaluation chez les
enseignants stagiaires, avec pour intention à moyen
terme de construire un module de formation à
l'évaluation dans le cadre de l'IUFM.
La
contribution de ce travail a été de recueillir
un ensemble de données préalables relatives
à l'analyse du système organisationnel de la
formation dans le contexte spécifique de
Créteil. Les moyens retenus ont été
d'identifier les niveaux macroscopiques (vision
systémique du processus de formation) et
microscopiques (vision plus fine des représentations
et actions des enseignants stagiaires ) du contexte de
formation, afin de relever la place de la formation à
l'évaluation, le type de contenu transmis en
matière d'évaluation, le partage des
rôles dans le cadre de cette formation ainsi que la
contribution de différentes voies de formation
à la construction de l'expérience
professionnelle des stagiaires.
Le choix
a été d'étudier d'une part l'ensemble
des connaissances transmises dans le cursus de formation et
ce de la manière la plus objective possible
(étude n°1) et d'autre part de sonder par
interviews l'expérience sociale vécue des
stagiaires en matière d'évaluation
(étude n°2).
Le lancer franc chez de
jeunes basketteurs de niveau international. Contribution
à une analyse biomécanique du
tir.
Par
Rachid ZIANE
Tuteur : Alain
Durey
Les
entraîneurs se représentent le lancer franc
comme une technique unique, laissant peu de place aux
adaptations. Il existerait cependant plusieurs façons
de réussir un lancer-franc. Cette recherche a
comparé des styles de lancer-franc entre : genres,
morphotypes et individus aux morphologies très
proches
Six
basketteurs (basketteuses) ont été
équipé (e) s de marqueurs articulaires au
niveau du membre supérieur. Cinquante tirs ont
été filmés par sujet. Les images
numérisées ont été
traitées avec le logiciel VD de BIOMETRICS. Nous
avons réalisé des kinogrammes, des courbes de
position et de vitesse angulaire et des trajectoires
articulaires, représentant des tirs calés,
normalisés et moyennés : réussis et
manqués par sujet, par genre et en combinant ces
caractéristiques.
L'analyse
montre un repositionnement de l'épaule par rapport
à la verticale et un mouvement plus ample pour les
tirs parfaits. La comparaison entre les genres montre une
plus grande participation des membres inférieurs et
une plus grande flexion du coude chez les filles. La
comparaison interindividuelle montre une
accélération constante du déploiement
du coude une fois l'épaule et le regard fixés.
Le lâcher de balle correspond à la vitesse
d'extension et à l'extension maximales du coude et
à une trajectoire rectiligne du poignet - donc une
poussée, alors que les entraîneurs y voyaient
un " fouetté " !
Il existe
des différences fondamentales de trajectoires
articulaires entre sujets. La technique unique serait donc
un leurre : les entraîneurs sont invités
à respecter davantage la créativité du
pratiquant.
Rapport au savoir dans
l'apprentissage de la biologie. Utilisation d'un outil
d'analyse et comparaison entre les élèves et
leur enseignant
Par
Véronique ELOI
Tuteur : Cécile
Vander Borght
Quel sens
les élèves attribuent-ils à la biologie
? Cette recherche a pour objet de caractériser le
rapport au savoir des élèves et de le
confronter avec celui de leur enseignant. Le concept de
rapport au savoir ne peut être
appréhendé qu'à travers une analyse
systémique de la face objective de l'activité,
renvoyant à la discipline et à ses contenus et
de la face subjective, déterminée par le sujet
et son histoire singulière. Cette analyse conduit
à trois questions : qu'apprend-on en biologie ?
Pourquoi apprend-on en biologie ? Comment apprend-on en
biologie ?
A l'aide
de bilans de savoir, nous avons procédé
à une étude qualitative et quantitative de la
forme et du contenu des réponses. Nous notons que les
élèves privilégient les savoirs
théoriques afin de mieux comprendre le monde
environnant. Les garçons font apparaître une
volonté d'augmenter leur culture; les filles
partagent cette optique mais dans une moindre mesure, elles
trouvent d'avantage d'intérêts à
l'utilisation de ces savoirs dans la vie quotidienne.
Par la
suite, nous avons mis en relation les bilans des
élèves avec les résultats d'une
investigation menée auprès de leur
enseignante. La confrontation des deux études met en
évidence des points de convergence et de divergence :
-
convergence dans les différents types de rapport
dégagés
-
divergence dans les degrés de distanciation et les
facultés d'objectivation du savoir.
Le
rapport au savoir en biologie apparaît relativement
stable mais il semble que la dimension sociale influence les
versants épistémiques et identitaire de ce
concept entraînant les différences enseignante
/ enseignés.
Ce thème a fait
l'objet d'une recherche coopérative
I.N.R.P.-L.I.R.E.S.T. qui a fait progresser la connaissance
des opérations intellectuelles et de la gestion de la
classe, a débouché sur des propositions pour
les sciences expérimentales de l'école
primaire au lycée et permis d'élaborer un "
schéma de la modélisation " pour
étudier les aspects comportementaux et curriculaires.
Il s'agit maintenant de mettre l'accent sur les
problèmes d'objectivation des
phénomènes qui impliquent des
modélisations (objets ou processus cachés ou
complexes), sur les fonctions de l'expérimentation et
de la simulation dans leur relation à la
modélisation (sciences physiques et biologiques), sur
les rapports entre langages symboliques graphiques et
modélisation, en tenant compte des impératifs
de la normalisation et de la généralisation de
la conception-fabrication assistée (disciplines
technologiques).
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